Accueil du siteEspaceDomainesEspaceSpiritualitéEspaceLe monde est une grande boutique de cycles
21
05
2015

Observez le monde autour de vous : tout tourne autour de tout, des plus gros objets de l’univers comme les galaxies, jusqu’aux plus petits comme les électrons autour de leur atome. Et cette danse cosmique produit des phénomènes de cycles surprenants qui se mesurent en millions d’années ou en fractions de seconde. Voilà pourquoi le monde m’apparaît comme une vaste boutique de cycles. Je vous propose d’entrer dans cette boutique et d’y découvrir les merveilles exposées dans les... rayonnages...

Commençons par le commencement. Par le big bang. Au départ, il y a 13 milliards d’années environ, il n’y a rien, nous dit-on. En fait, aujourd’hui, plus personne n’est très sûr que le big-bang s’est produit dans un grand vide. Les scientifiques pencheraient plutôt pour un big bang qui se produit dans une sorte d’hyper-espace où se trouve... une multitude d’univers ! D’où l’hypothèse que le big bang serait dû à la collision entre deux univers. À quoi tiennent nos existences ! Il est déjà difficile pour le cerveau d’un humain qui vit dans 66 m2 [1] d’imaginer les distances phénoménales de l’univers, alors, se dire qu’il existe un hyper-espace occupé par une infinité d’univers...! C’est au-delà de notre entendement. Surtout, comme je l’ai souvent dit dans ce blog, quel est le sens de toute cette machinerie ? Et où est l’hyper-espace ? Dans un méga-hyper-espace qui contient une infinité d’hyper-espaces ?

Mais oublions cela, c’est trop compliqué à imaginer et retournons dans notre boutique de cycles.

Du big-bang au big crunch ou pire encore

On pense que notre univers connaît lui-même des cycles. Les scientifiques ont longtemps pensé qu’après une période d’expansion suivant le big bang, l’univers, à cause de la gravité, allait soudain amorcer le mouvement inverse et s’effondrer sur lui-même pour revenir à sa taille initiale, c’est-à-dire à peu près rien — c’est le big crunch — puis de nouveau exploser et donner naissance à un nouvel univers, et ainsi de suite. Un premier grand cycle de quelques dizaines de milliards d’années. Mais les observations récentes montrent que la force de gravité est en fait supplantée par une force supérieure inconnue, baptisée énergie sombre, qui est plus puissante, et entraîne l’univers dans une expansion infinie. Sa force est telle qu’elle étire la matière indéfiniment, déchirant littéralement les molécules, séparant les atomes des particules qui tournent autour. Bref, dans 15 milliards d’années environ, la matière sera volatilisée. Fin de partie. C’est le big rip, la grande dislocation. Nous sommes à peu près au milieu du parcours.

L’hypothèse actuelle qui prédomine est que l’univers est plat. C’est une feuille qui « flotte » dans l’hyper-espace entre deux autres feuilles, entre deux autres univers. Dans le big rip, cette feuille, comme une toile plastique, est étirée jusqu’à sa dislocation. Que se passe-t-il ensuite ? Mystère. Peut-être que les feuilles supportant les deux autres univers vont de nouveau se « choquer » provoquant un nouveau big bang...

Multivers

Notre univers est plat, comme tous les autres univers qui le côtoient dans l’hyper-espace.

Voilà dans quoi nous vivons !

Mais ce cycle premier, si impressionnant qu’il soit, ne concerne guère notre vie quotidienne, laquelle est plutôt soumise à la mystérieuse force de gravité.

Gravité, quand tu nous tiens !

La gravitation est un aimant qui attire les objets les uns vers les autres, et aussi les filles vers les garçons et les garçons vers les filles, bref, c’est une force universelle. Elle est associée à deux images fortes : celle de Galilée lançant des objets depuis le haut de la tour de Pise pour voir comment évolue leur vitesse de chute en fonction de leur poids (et il constate que le plomb tombe plus vite que la plume), et bien sûr celle de Newton recevant une pomme sur le crâne, un soir dans son jardin. Il se pose la question : pourquoi la pomme tombe et pas la Lune ! L’histoire est sans doute légendaire mais Newton en déduira la loi de la gravitation : « Les astres s’attirent de façon proportionnelle au produit de leur masse et inversement proportionnelle au carré de la distance qui les sépare ». Plus tard Einstein posera que la gravitation est créée par des courbures dans l’espace-temps provoquées par l’objet massif. La Terre, par exemple, courbe l’espace-temps autour d’elle, et les objets qui passent à proximité glissent en quelque sorte dans cette courbure vers la Terre. Donc, le principe de l’attraction universelle est simple : les objets s’attirent les uns les autres en fonction de leur masse. Ainsi la Terre attire la Lune vers elle, mais la Lune exerce aussi une attraction de la Terre (la Terre s’étire quand même de 4 cm au passage de la Lune !).

Gravité

Selon Einstein, la gravité courbe l’espace-temps autour des objets en fonction de leur masse.

Dans le ventre de sa mère, durant toute la grossesse, le bébé a été peu sensible à la gravitation. Il flottait tranquillement dans son liquide amniotique. Mais quand il naît, la gravitation est l’une des choses qui le fascine le plus, au point de passer son temps à faire tomber des objets de son berceau, de sa table à manger, de sa poussette, de tous les endroits où il se trouve. Il ne cherche pas à tester la résistance nerveuse de ses parents ; il fait l’expérience de cette force incroyable qui va l’accompagner tout au long de sa vie de Terrien... Et cette force l’intrigue tellement qu’il lui faudra un nombre incroyable d’expériences... pour prendre la mesure de la gravité et vérifier qu’elle fonctionne bien constamment, avec n’importe quel objet, de n’importe quelle hauteur, à n’importe quelle heure ! C’est ainsi que l’enfant fait l’apprentissage très précoce de cet aimant gigantesque qui attire tout à lui. Ainsi se prépare-t-il à vivre avec la gravité de notre planète.

Et c’est vrai que la force de gravité est une chose absolument hallucinante que les scientifiques ont encore du mal à comprendre car elle est invisible et pourtant modèle chaque instant de notre vie.

Sa force est telle qu’une étoile comme notre soleil garde dans son champ d’attraction des objets situés à 2,4 années-lumière, soit 24.000 milliards de kilomètres ! Ces objets sont des comètes glacées regroupées dans ce que les scientifiques appellent le nuage d’Oort. Le bord extérieur de ce nuage marque la fin du système solaire, la fin de la zone d’attraction du Soleil. C’est dire la puissance de la gravité... et l’énormité du soleil, énormité qu’on ne mesure pas toujours, car les illustrations représentant la Terre et le Soleil (comme celles que j’ai réalisées pour cet article !) faussent souvent les proportions. Alors, voyons la réalité :

Le soleil et planètes

Nous sommes vraiment peu de chose...!

C’est ainsi que notre Terre, avec sa masse, attire la Lune. Mais on nous dit aussi que la Lune s’éloigne de la Terre progressivement, qu’elle a été plus près autrefois et qu’elle pourrait bien nous quitter dans quelques milliards d’années. Bizarre. On ne comprend plus. Les objets s’attirent ou se repoussent ?

Mais non, rien de contradictoire, c’est simplement qu’il existe une autre force puissante, la force centrifuge, qui contrecarre la force de gravité. Si vous doutez de l’efficacité de la force centrifuge, prenez un virage un peu vite et vous verrez comme cette force vous propulse dans le fossé. Heureusement, les barrières de sécurité sont là pour vous arrêter... Plus quotidiennement, regardez le tambour d’une machine à laver en phase d’essorage, vous verrez à travers le hublot le linge se coller aux parois du tambour et l’eau disparaître dans les entrailles de la machine. Même démonstration avec une petite essoreuse pour la salade, ou, plus joyeusement, dans une fête foraine, sur un manège qui vous fait vous retrouver dans votre nacelle à l’horizontale...

La force centrifuge contrarie la force de gravité.

Voilà pourquoi, M. Newton, la Lune ne tombe pas, au contraire, elle s’éloigne de nous.

Donc, la Lune voudrait échapper à la Terre mais la force de gravité la retient, du coup, résultat de ces deux forces, elle tourne autour. Et c’est ainsi pour la quasi totalité des objets de l’univers : une force les attire les uns vers les autres selon leur masse, mais une autre force les projette à l’extérieur du champ gravitationnel, si bien que ces deux forces combinées produisent des objets qui tournent les uns autour des autres.

La conséquence la plus visible de l’interaction de ces deux forces c’est la sphérité ou sphéritude, comme on veut [2]. Voilà comment la gravitation et la force centrifuge ont inventé la roue. Ni l’une ni l’autre, a priori, n’ont à voir avec la sphère. Les objets attirés par la terre, comme les astéroïdes ou les débris de satellites, filent droit vers nous. C’est le cas justement des comètes du nuage d’Oort qui filent droit vers le Soleil. Mais les deux forces transforment les deux lignes droites en courbes. De sorte que les objets célestes sont ronds : les satellites sont ronds, les planètes sont rondes, les étoiles sont rondes, les galaxies sont rondes, les trous noirs sont ronds, etc. Tout ce qui tourne est rond. Et les vinyles, les CD aussi, et bien sûr les roues de nos vélos et de nos motos. Et même la fortune est une roue !

Voilà comment, quelques années après le big bang, tout s’est mis à tourner autour de tout !

Et ainsi sont nés les cycles. Tous les cycles ne sont pas liés à l’interaction de la gravité et de la force centrifuge : faites bouillir des pâtes dans de l’eau, vous verrez l’eau se gonfler par moment, puis se dégonfler, puis regonfler, etc. Les cycles sont des répétitions périodiques de phénomènes qui ne sont pas liés nécessairement à la sphérité (ou sphéritude). Mais pour les premiers hommes, les cycles étaient liés à deux gros objets sphériques, bien visibles dans le ciel, le Soleil et la Lune.

Et le Soleil créa le jour

C’est lui qui nous impose le cycle le plus important de notre vie, la journée. Mais en fait, on sait depuis Galilée et Copernic que ce n’est pas vraiment lui qui crée l’alternance de jour et de nuit, c’est la terre elle-même, en tournant sur son axe en 24 heures et des poussières, qui fait alterner sur son sol le jour et la nuit. On ne s’en rend pas toujours compte (et même jamais en fait), mais notre vaisseau terrestre tourne sur lui-même à une vitesse folle : 1.670 km/h à l’équateur, un peu moins de deux fois la vitesse d’un avion de ligne ! Et il tourne autour du Soleil à la vitesse phénoménale de 106.000 km/h, soit 30 km/s ! Depuis que vous avez commencé à lire cet article, vous avez parcouru 9.000 km dans le système solaire ! La Terre parcourt ainsi les 930 millions de kilomètres de son orbite en un an (en fait, 365 jours, 6 heures, 9 minutes et 4 secondes) [3].

L’un des cycles humains le plus important, car lié à sa survie, c’est la saison. Contrairement à une idée répandue, ce n’est pas le fait que la terre tourne autour du Soleil qui provoque les saisons. Non, ce qui provoque les saisons, c’est l’inclinaison de l’axe terrestre.

Le cycle des saisons

Lors de sa révolution autour du soleil, la Terre reçoit les rayons de l’astre sous des angles différents du fait de l’inclinaison de son axe.

Il y a quelques milliards d’années la Terre a été percutée par une autre planète, à peu près de la taille de Mars, baptisée Théia, qui a arraché un morceau du manteau terrestre et a fusionné avec notre planète. Les débris du manteau terrestre projetés dans le cosmos se sont peu à peu réunis pour former la Lune. Et c’est ainsi que notre jeune Terre un peu fofolle, qui tournait autour du soleil un peu n’importe comment, après cette grande baffe, s’est assagie, la Lune veillant à stabiliser sa course dans le ciel et à ralentir sa rotation... Mais l’impact a eu une autre conséquence, l’axe de la terre a basculé de 23° 26’ 14,427".

C’est l’inclinaison de cet axe qui provoque le phénomène des saisons. Tout au long de l’année, les mêmes régions du soleil ne sont pas frappées par les rayons du Soleil sous le même angle. L’été correspond pour nous au moment où les rayons frappent à angle droit, ou quasiment, et l’hiver au moment où ils frappent avec le maximum d’inclinaison. Voilà pourquoi, quand c’est l’été dans l’hémisphère Nord, c’est l’hiver dans l’hémisphère Sud, et inversement. Ce cycle des saisons était important pour nos ancêtres, non pas pour planifier leurs vacances au ski ou à la mer, mais pour suivre les métamorphoses de la nature. Pour des civilisations agricoles c’était une nécessité vitale de bien gérer ces cycles. Et bien sûr c’était vital pour l’Egypte, tellement dépendante des crues du Nil.

La précession des équinoxes

Mais l’inclinaison de l’axe de la Terre recèle une autre merveille, c’est la fameuse précession des équinoxes. La « baffe » donnée par Théia à notre planète a été telle que non seulement l’axe s’est incliné, mais un peu comme la tête d’un boxeur ayant reçu un magnifique crochet, l’axe est animé d’un mouvement rotatif qui dure environ 26.000 ans [4], un peu comme une toupie. Tous les 26.000 ans, l’axe de la Terre revient au même endroit. C’est le phénomène dit de la précession des équinoxes.

Les Anciens avaient découpé le ciel en douze constellations, douze groupes d’étoiles nommé poétiquement du nom d’une créature vivante [5] : Taureau, Bélier, Poissons, Capricorne, etc. C’est le zodiaque de l’astrologie. Tout au long de l’année, de mois en mois, le Soleil se lève dans une constellation différente. Mais en fait, au bout d’un an, le Soleil ne se lève pas exactement au même endroit dans la même constellation à l’équinoxe de printemps. Il semble reculer. Le phénomène est quasiment imperceptible, il est à peu près d’un degré tous les 72 ans. Un degré, c’est la largeur d’un doigt. Mais nos ancêtres ont néanmoins observé la régularité de ce recul qu’on appelle pour cette raison « précession des équinoxes ». Imaginez un axe passant par le pôle Sud et par le pôle Nord, la pointe de cet axe décrit un cercle dans le ciel :

Precession des équinoxes
Chemin parcouru dans le zodiaque par l’axe de la Terre au pôle Nord. © Tauʻolunga.

Ce qui veut dire que le ciel que nous avons au-dessus de nos têtes change régulièrement. Nos ancêtres s’en sont aperçu car certains monuments sont orientés dans une direction bien précise, par exemple vers l’étoile la plus brillante. L’étoile la plus brillante de nos jours est l’Etoile Polaire, mais cela n’a pas toujours été le cas. Constatant un changement dans l’alignement de leurs monuments, les anciens astronomes ont compris qu’un phénomène particulier se produisait. Mais il n’est pas certain qu’ils l’aient associé à l’inclinaison de l’axe de la Terre. Cette inclinaison a été découverte par Ératosthène (vers 276 - 194 av. J.-C.). Ils ont sans doute pensé soit que le Soleil lui-même était affecté d’un mouvement de recul (puisque l’on pensait à l’époque qu’il tournait autour de la Terre), soit que le ciel n’était pas aussi fixe et « tournait » aussi autour de la Terre (on représente d’ailleurs ainsi le « firmament » dans des gravures anciennes. Voir cet article du blog Je suis dégoûté : l’homme n’est pas au centre de l’univers !).

Il faut deux mille ans pour que Soleil parcoure un signe zodiacal et passe dans le signe précédent. Et donc 26.000 ans pour qu’il revienne dans le même signe. Comme nous l’avons vu dans un article du blog que j’ai consacré à ce phénomène Existe-t-il un lien entre les pratiques sportives et les ères spirituelles ?, nous nous situons actuellement entre le signe des Poissons et le signe du Verseau. Au bout de 13.000 ans de ce mouvement de toupie, naturellement, l’axe de la Terre a basculé à l’opposé de sa position initiale, de sorte que les saisons sont inversées.

Mystérieuse précession des équinoxes

Précession des équinoxes.

En tournant autour du Soleil, la Terre « voit » tous les mois à peu près, le soleil se lever à l’Est dans une constellation différente, celle qui occupe le fond du ciel, lequel est fixe aussi. La Terre tournant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, les constellations du zodiaque sont parcourues dans le sens Bélier, Taureau, Gémeaux, etc. Mais à l’équinoxe de printemps (équinoxe vernale), les Anciens ont constaté que le Soleil se décalait légèrement vers l’Ouest « remontant » ainsi le zodiaque, d’où le terme de précession des équinoxes.

Ce phénomène est très important car il signifie que le ciel que les Anciens avaient au-dessus d’eux n’est pas le même que le nôtre. Comme certains monuments, notamment en Egypte, semblent orientés dans des directions bien précises du ciel, il est possible de retrouver la date à laquelle ils ont été construits en calculant la configuration correspondante du ciel. De ces calculs sont nées des polémiques sur l’âge des Pyramides de Gized ou du Sphinx, qui pourraient être beaucoup plus anciens. Voir l’article du blog sur les civilisations Qu’est-ce qui a donné naissance aux civilisations ?.

La précession des équinoxes nous fait entrer dans le mystère des cycles. Car, tous les deux mille ans environ, notre système de croyance religieuse semble changer de nature en fonction de la constellation dans laquelle se trouve le Soleil. Surprenant. J’ai montré dans l’[article du blog sur ce sujet : Existe-t-il un lien entre les pratiques sportives et les ères spirituelles ? que nos pratiques sportives aussi changent tous les deux mille ans, en suivant la même tonalité. Ainsi, nous passons de l’Ère des Poissons, symbolisée par l’affrontement d’une paire d’opposés (le Bien contre le Mal - Christ contre Anté-Christ) à l’Ère du Verseau symbolisée par l’accès à de nouvelles connaissances spirituelles déversées du ciel dans le cœur de chacun. Peu importe qu’on croie ou non à l’astrologie, peu importe que l’on confère ou non des « pouvoirs » aux constellations du zodiaque, le fait est que tous les deux mille ans, des changements profonds ont lieu dans nos mentalités, dans nos croyances et dans nos pratiques sportives. Ces forces immatérielles qui influent sur nos comportements sont-elles inscrites quelque part, dans la matière, dans celle que nous connaissons, la matière composée d’atomes, ou dans celle dont nous ignorons tout pour le moment, cette matière dite « noire » qui occupe quand même 27 % de la densité de l’univers ?

Essayons de comprendre cette dimension spirituelle des cycles de la nature.

Le cycle des saisons devait sans doute paraître étonnant à nos ancêtres. Il a, à l’évidence, créé dans l’esprit humain cette idée que toute chose naît, croît, vit et meurt. Le cycle des saisons nous renvoie au mythe de la renaissance. Cet arbre qui avait perdu ses feuilles, qui semblait mort, soudain, se met à verdir, les feuilles repoussent et parfois même des fleurs apparaissent sur ses branches. Miracle ! De là à penser qu’il en allait de même pour nous autres humains. Nos ancêtres ont sans doute pensé que si l’on nous enterrait après notre mort, nous allions renaître quelque part. Où ? Cela dépendait des croyances ! L’arbre qui porte les feuilles ne renaît pas, il n’est jamais mort. En revanche, les feuilles qu’ils portaient sont, elles, bien mortes. Puis elles se sont décomposées dans la terre et de nouvelles feuilles (les mêmes ?) ont repoussé sur les branches. Et nous, pauvres mortels, où repoussons-nous ?

L’idée s’est en tout cas formée peu à peu que la vie humaine pouvait aussi connaître des cycles. Vie, mort, renaissance. Il n’y avait pas de raison que l’homme, qui est de la nature, ne subît pas le sort commun. Sauf que les morts ne réapparaissaient pas ! Donc, on supposait qu’ils renaissaient... ailleurs, dans un autre monde. Ou sous une autre forme.

Toujours est-il que ce cycle des saisons a modelé notre façon de voir la vie, et donc la mort. Et l’on constate bien qu’il s’applique, pour une raison mystérieuse qu’on ignore, à toutes sortes de domaines. Des civilisations sont nées, se sont développées, puis ont décliné et sont mortes. Pourtant il ne s’agit pas d’organismes vivants créés par la nature, ce sont des constructions purement humaines. Même chose pour les entreprises : elles apparaissent, grandissent, connaissent leur apogée, puis disparaissent, mangées par la concurrence. Et parfois renaissent...

Etonnant. Pourquoi cette succession de phases semblent toucher tout ce qui vit ?

Et cela n’est pas dû qu’au cycle des saisons et à l’inclinaison de notre axe. Les étoiles aussi, connaissent ces cycles de mort et de renaissance. Notre Soleil lui-même est né — avec une centaine de sœurs jumelles — de l’effondrement d’une étoile baptisée « Coatlicue » (« mère du Soleil » dans la cosmogonie aztèque). Ses sœurs sont parties vivre leur vie dans le cosmos et le Soleil est resté seul maître à bord. Lui-même, dans un peu plus de dix milliards d’années, se transformera en géante rouge puis il perdra peu à peu de sa masse et se dispersera dans le cosmos sous la forme de nébuleuse planétaire. Il aura disparu et donnera naissance à de nouvelles étoiles.

Lui-même tourne autour du centre de notre galaxie, la Voie Lactée, en 250 millions d’années-lumière [6], un cycle qui n’a pas de réelle signification pour nous, mais dans cette course folle il nous entraîne quand même dans le cosmos à 220 km/s !

Le Soleil a lui-même des cycles. Le cycle principal est en moyenne de 22 ans. Pendant onze ans, l’activité solaire augmente et atteint un pic, puis, pendant les onze années suivantes, elle décline. Pendant ce cycle de onze ans, le champ magnétique du Soleil s’inverse, puis retrouve sa position initiale onze ans plus tard...

Vidéo montrant l’aspect de la couronne solaire à différents moments du cycle 23 (1996-2007). Lors du minimum du cycle (1996), la couronne est relativement homogène. À mesure que l’activité augmente, le nombre de zones très brillantes augmente. Crédit : SOHO-EIT / ESA & NASA. Source : media4.obspm.fr/pages_activite-solaire.

Ce cycle solaire ne semble pas avoir d’influence sensible sur notre climat. En revanche, lors de son pic d’activité, les vents solaires augmentent et envoient sur Terre leurs dangereuses particules. En principe, notre champ magnétique nous en protège, mais j’ai expliqué dans un article de ce blog Et si nous étions vraiment seuls dans l’univers ? que ces éruptions solaires, du fait de notre dépendance à l’électricité, pourraient détruire notre civilisation.

Yin et Yang sont dans un bateau...

Une évidence s’impose : dans cette vaste roue qui anime nos objets célestes et modèle nos vies, tout semble éternellement se transformer dans son contraire. La mort se transforme en naissance, la naissance en mort... le jour en nuit, la nuit en jour... l’été en hiver, l’hiver en été... le mariage en divorce... etc. Cette constatation, les Chinois l’ont faite voici bien longtemps, et c’est ainsi qu’est né le Yi-King, ce très mystérieux système de combinaison du Yin (principe féminin, obscur) et du Yang (principe masculin, lumineux) qui aboutit à la description de 64 hexagrammes, ou 64 situations.

Le Yi-King est aussi appelé le Livre des transformations. Pourquoi tout se transforme éternellement en son contraire ? Le Yi-King apporte la réponse. Chaque phénomène est animé par deux forces opposées. Un temps une force prend le dessus, puis elle s’affaiblit et c’est l’autre force qui la supplante. Ce qui était Yang devient Yin et inversement. Parce qu’il y avait un peu de Yin dans le Yang et un peu de Yang dans le Yin. Ainsi la côte est toujours suivie d’une descente, la pluie d’un rayon de soleil, un jour où rien ne va d’une journée où tout réussit, la perte d’un être cher d’une belle rencontre, un grand vide dans notre vie, d’une soudaine suractivité. Chaque situation contient en germe les éléments de sa transformation en son contraire. Pour peu, bien sûr — et c’est là que réside toute la sagesse asiatique — que nous laissions agir ces forces naturellement, sans nous interposer.

Ainsi le Yi-King est représenté par une roue où les deux forces opposées contiennent chacune en germe la force complémentaire. Les groupes de trois traits, appelés trigrammes, montrent l’évolution des forces opposées. Les 8 trigrammes constituent 4 paires d’opposés.

Yi—King

La figure du Yi-King au centre est entourée des 8 trigrammes de base obtenus en combinant par trois un trait impair (Yang) et un trait pair (Yin). Combinés deux à deux ces 8 trigrammes donnent les 64 hexagrammes du Yi-King.

Je ne vais pas ici décrire le fonctionnement du Yi-King. Ce qui est intéressant c’est de voir qu’une nouvelle fois les forces, visibles ou invisibles, qui gouvernent nos vies, ont toutes une dimension spirituelle qui colore leur action d’une tonalité particulière. Pourquoi, à chaque instant de notre vie, nous trouvons-nous dans une des 64 situations décrites par le Yi-King ? 64. Pas une de plus, pas une de moins. Avec chacune une tonalité particulière, des forces intérieures qui la stabilisent ou au contraire la déséquilibrent, la faisant basculer dans une tonalité différente. Sous quelle forme ces « tonalités » sont-elles inscrites dans l’univers, et où ? Découvrirons-nous un jour où se cachent ces systèmes vibratoires qui tissent la toile de fond de nos vies ?

Mais revenons à nos ancêtres et à ce qu’ils observaient dans le ciel. Bien sûr, ils voyaient le soleil, mais, comme le dit la Genèse, il y avait dans le ciel « deux luminaires », l’un pour éclairer le jour — le Soleil — et l’autre pour éclairer la nuit — la Lune. Dans ce ciel de nos ancêtres les plus primitifs, le Soleil apparaissait sans doute comme un luminaire certes puissant et magnifique, mais un peu basique : je me lève, j’éclaire la terre et je me couche. Bonne nuit les petits, à demain. Une vie très routinière. Alors que l’autre luminaire... Ah ! Oui ! La Lune, oui, la Lune, c’est autre chose !

Notes

[1] Surface moyenne des logements dans un immeuble en 2006 : www.insee.fr/fr/themes/document.asp ?ref_id=ip1202.

[2] Ni le premier terme ni le second n’existent, hélas.

[3] Le Soleil lui-même tourne autour du centre de la Voie Lactée située à 30.000 années lumière à la vitesse de 220 km/h. Il met ainsi 250 millions d’années à faire le tour complet.

[4] 25 800 années environ.

[5] Sauf la Balance !

[6] Une année-lumière = 9.461 milliards de km.

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PUBLIÉ LE : 21 mai 2015 | MIS À JOUR LE : 18 juillet 2015
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