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02
2015

Étude

Faut-il se méfier des parents ? Ou l’ennéagramme comme panoplie de protection rapprochée

TAGS : Agressivité | Caractérologie | Emotionnel | Enfance | Instinct | Mental | Parents | Retrait | Soumission | Trilogie | Types psychologiques Jung
Modifié le : 5 juin 2015

Le monde est un endroit dangereux et lorsque nous naissons nous sommes comme des parachutistes largués au-dessus d’une zone inhospitalière. Et le premier des dangers qui nous menace, ce sont nos parents ! Heureusement, comme nos vaillants paras, nous disposons de techniques très efficaces de survie en milieu hostile ! Bizarrement, le choix de l’une ou l’autre de ces techniques pour nous protéger de nos méchants parents dessine les contours de notre personnalité. C’est ce que nous apprend l’ennéagramme. L’ennéa... quoi ? Il est temps de sauter pour en savoir plus. Prêts ? Trois, deux, un, go !

Enfants, nous débarquons en milieu hostile comme des parachutistes largués au-dessus de la jungle.

L’ennéagramme n’est pas un jeu de société ni un appareil « vintage » de reproduction sonore. C’est une figure géométrique fascinante qui permet de visualiser 9 types de personnalités et surtout la façon dont elles s’organisent entre elles, s’opposent, se complètent, s’harmonisent, se combinent.

Je vous entends vous écrier : « Encore une caractérologie ! »

C’est vrai qu’il existe une multitude de systèmes pour cerner notre personnalité. Si quelqu’un prétend qu’il ne se connaît pas, c’est qu’il a réussi à passer au travers de toutes ces techniques censées nous dire qui nous sommes ! Il y a l’astrologie et ses douze personnalités : Bélier, Taureau, Gémeaux, Cancer, Lion, Vierge, Balance, Scorpion, Sagittaire, Capricorne, Verseau et Poissons. Le ciel de notre naissance déterminerait ainsi notre caractère. Il y a la variante chinoise qui présente aussi 12 types de personnalité : Rat (ou Souris), Bœuf (ou Buffle), Tigre, Lapin (ou Lièvre), Dragon, Serpent, Cheval, Chèvre (ou Bouc ou Mouton), Singe, Coq (ou Phénix), Chien, Cochon (ou Sanglier ou Porc). Et puis il y a aussi la numérologie, qui associe aux chiffres de 1 à 9 un type de personnalité : 1 le chef, 2 le communicant, 3 le créatif, 4 le bâtisseur, 5 le voyageur, 6 le responsable, 7 le chercheur, 8 le fonceur et 9 l’humaniste.

Et nous avons vu dans un article précédent La mission habitée vers Mars recrute : déterminez votre type psychologique junguien que Jung avait déterminé 8 types de personnalités selon notre système d’orientation privilégié — pensée, sensation, sentiment ou intuition — et notre relation au monde — introversion ou extraversion. N’oublions pas enfin la caractérologie ! Nous avons vu en observant le visage de Brad Pitt À quel étage habitez-vous ? ou le secret du charme de Brad Pitt. que notre personnalité pouvait être très largement influencée par le développement relatif des « feuillets » de notre embryon (système digestif, système respiratoire, système nerveux).

N’en jetez plus la cour est pleine ! Mais non, pas tout à fait ! Il manque l’ennéagramme (et sans doute encore bien d’autres méthodes...). Mais en fait, quelle que soit la méthode, nous retombons toujours, comme nous allons le voir, sur notre célèbre trilogie — les choses, les gens, les idées (l’instinct, le relationnel-émotionnel, le mental) — que nous avons découverte en examinant les « étages » de notre visage. L’ennéagramme nous en apporte une nouvelle preuve.

C’est quoi l’ennnéannnagrammme ?

Ennéagramme. Prononcez é-né-a-gramme.

L’origine de l’ennéagramme est assez mystérieuse et semble très ancienne, mais la figure a été utilisée à partir des années 70 par Georges Gurdjieff, un chercheur en ésotérisme, pour définir 9 types de personnalités. Elle se compose de 9 branches, « ennea » voulant dire 9 en grec et « grammos » figure. Pour créer cette figure, on dessine un cercle, symbole bien connu de totalité, sur lequel on trace un triangle équilatéral, figure de base de l’arithmétique, et l’on associe aux trois sommets la célèbre trilogie 3-6-9. Rien à voir avec la suite 3-6-9-12 qui décrit les quatre étapes de l’enfance, non, nous parlons de cette suite ésotérique qui semble être la clef de l’univers. Le savant Nikola Tesla, auquel j’espère un jour consacrer un article, a dit : « If you only knew the magnificence of the 3, 6 and 9, then you would have a key to the universe ». En gros, si nous pouvions connaître la magnificience de la suite 3, 6, 9, nous aurions la clef de l’univers. Rien que cela !

La base de l’ennéagramme est constituée d’un cercle, symbole de totalité, et d’un triangle équilatéral représentant la suite ésotérique 3,6,9.

Les trois sommets de ce triangle vont en fait constituer les trois centres de l’ennéagramme, lesquels correspondent à nos fameux trois étages du visage : l’étage instinctif (rouge), émotionnel (vert) et cérébral (bleu). Nous aurons l’occasion d’y revenir.

Sur ce dessin on plaque cette étrange figure à 6 pointes :

La suite 142857.

Cette figure est issue des propriétés très particulières de la division de 1 par 7. Le résultat est 0,142857142857142857.... Observez ce résultat, bizarrement, la suite 142857 se répète indéfiniment ; autre particularité, ce résultat ne comporte ni 3 ni 6 ni 9, nos chiffres du triangle... Cette succession 142857 permet de relier les pointes de la figure, les pointes du triangle formant un réseau à part. La figure complète est donc la suivante :

L’ennéagramme complet.

L’étrange hexagone que nous avons superposé au triangle permet de dessiner pour chacun des trois nombres 3-6-9, un nombre à gauche et un nombre à droite :

Vers l’intérieur
Équilibre
Vers l’extérieur
8
9
1
2
3
4
5
6
7

Les deux nombres qui entourent le nombre central (3, 6 ou 9) donnent l’orientation du centre. Nous retrouvons là une distinction que nous avons évoquée à propos des types psychologiques de Jung. Le célèbre psychologue suisse considérait que les individus se répartissaient en deux grands groupes, les extravertis, qui sont plutôt tournés vers le monde extérieur, et les introvertis, qui sont plutôt tournés vers leur monde intérieur. Pour lui, cela correspond à l’orientation de l’énergie psychique de l’individu.

Ainsi, chaque sommet du triangle est flanqué de deux sommets du curieux hexagone. Le sommet de gauche correspond à l’extraversion et celui de droite à l’introversion. Et le sommet du triangle est censé être lui-même une sorte de point d’équilibre entre l’orientation extérieure et l’orientation intérieure. Mais la synthèse n’est pas toujours aisée !

Nous avons donc :
- le 8 est l’orientation extérieure du centre instinctif (9) ; le 1 étant l’orientation intérieure,
- le 2 est l’orientation extérieure du centre émotionnel (3) ; le 4 étant l’orientation intérieure,
- le 5 est l’orientation intérieure du centre mental (6) ; le 7 étant l’orientation intérieure.

Et c’est ainsi que nous obtenons 9 types de personnalités que je vais décrire très brièvement :

1 - Le perfectionniste. « Je traque le moindre défaut. Tout doit être parfait en moi, chez les autres et dans le monde ».
2 - L’indispensable. « Il faut que je rende service, qu’on ait besoin de moi, je dois être utile, faire le bonheur des autres ».
3 - L’arriviste. « La fin — ma réussite — justifie toutes mes actions. Personne ne doit encombrer mon chemin ».
4 - L’individualiste. « Je ne supporte que le beau, l’originalité, l’exceptionnel. Je suis formidable et tout ce qui m’entoure doit l’être ».
5 - Le cérébral. « Ma soif de connaissances est sans limite. Je dois tout savoir sur tout ».
6 - Le légaliste. « Je suis quelqu’un de loyal. On peut vraiment compter sur moi. Il y a les bons et les méchants. Je fais partie des bons ».
7 - Le jouisseur. « J’aime le plaisir. Je fuis toutes les choses déplaisantes, les corvées, les personnes négatives, les mauvaises nouvelles ».
8 - Le petit chef. « Rien ne doit être laissé au hasard. Je dois tout contrôler ».
9 - Le temporisateur. « J’ai horreur des conflits. Je déteste avoir à choisir. Ah ! Si tous les gars du monde voulaient se donner la main... ».

Et les voici sur le dessin :

L'ennéagramme

L’ennéagramme complet.

Les désignations des neuf personnalités varient selon les écoles, mais les caractéristiques des personnalités sont quasiment les mêmes. Comme mon propos n’est pas ici de les décrire en détail, on pourra se reporter au site de l’Institut Français de l’Ennéagramme pour approfondir la connaissance des types.

Je crois que la présentation que j’en ai faite est assez édifiante et je suis sûr que vous vous êtes reconnu dans un ou l’autre de ces types. Non ? Pas étonnant. En fait, définir son propre type psychologique n’est pas facile. On a un peu l’impression de retrouver des bouts de soi dans les neuf définitions. Je donne en fin d’article un lien vers un test qui vous aidera.

Je pense que maintenant la liaison entre ces neuf personnalités et nos fameux trois étages du visage (en bas l’étage instinctif, au milieu l’étage relationnel ou émotionnel et en haut l’étage mental) vous saute aux yeux. Non ? Pas tout à fait ?

Prenons un exemple.

Le 9 est le sommet du triangle en haut. Les personnalités 8, 9 et 1 relèvent toutes du monde instinctif. Le 8 oriente son instinct matériel vers l’extérieur et veut tout contrôler. C’est le petit chef. Le 1 oriente son instinct concret vers l’intérieur en cherchant à éliminer tout défaut en lui, c’est le perfectionniste. Quant au 9, eh bien, il ne veut pas trancher, il hésite, ne s’engage pas dans le monde concret, c’est le temporisateur, le médiateur. Tout se vaut !

Prenons un autre exemple.

Le 3 est le pivot du centre relationnel/émotionnel. Il aime le succès, la réussite, les belles choses, et les applaudissements. C’est l’arriviste. Le 2 tourne ce besoin de réussite vers les autres, c’est l’indispensable, l’altruiste. Le 4 tourne ce besoin d’excellence vers lui et se lance à la recherche d’émotion hors normes, c’est l’individualiste.

Prenons un dernier exemple.

Le 6 est le pivot du centre cérébral. Il est dans une quête de la vérité, de la loyauté, de l’honnêteté. C’est le légaliste. Le 5 tourne cette quête vers l’intérieur et cherche avant tout à accumuler de la connaissance en se retirant du monde. Il la garde pour lui et ne songe pas à la partager. C’est le cérébral. Le 7, au contraire tourne son mental vers l’extérieur pour s’organiser une vie matérielle agréable. C’est le jouisseur.

Petit résumé en image :

Correspondance entre les étages du visage et les 9 types de l’ennéagramme.

A quoi servent les flèches ?

Les flèches qui relient les numéros de personnalités nous donnent de précieuses indications sur la façon dont évolue notre type principal par moments. On parle ainsi de désintégration lorsque sous l’effet de la fatigue, par exemple, notre personnalité semble se modifier, se « dégrader ». Aux aspects négatifs de notre type s’ajoutent ceux du type opposé. Ainsi, le 1 se dégrade en 4, le 4 en 2, le 2 en 8, le 8 en 5, le 5 en 7, le 7 en 1, le 9 en 6, le 6 en 3 et le 3 en 9. Puis, la crise passée, les choses rentrent dans l’ordre et nous reprenons position sur notre type de base. Et quand nous sommes vraiment en forme, nous exprimons les aspects positifs de notre type de base auxquels nous ajoutons les aspects positifs du type auquel nous sommes reliés par la flèche inversée : 1 vers 7, 2 vers 4, 3 vers 6, etc. C’est l’intégration.

Chaque type de personnalité présente donc deux flèches : une qui part de lui (désintégration) et une qui aboutit à lui (intégration). Le grand mystère de l’ennéagramme est ce fascinant mécanisme de liaison bidirectionnelles entre les personnalités.

Et qu’est-ce que c’est que cette histoire d’ailes ?

Dans notre enfance, nous adoptons un type de personnalité. Il semble que par le suite, nous évoluions en nous positionnant sur le type de personnalité situé à droite et appelé « Aile principale ». Plus tard, nous évoluons vers le type situé à gauche et appelé « Aile secondaire ». Par exemple, un Perfectionniste (1) peut évoluer vers un Indispensable (2) puis vers un Temporisateur (9).

Dis-moi de quoi tu as peur, je te dirai qui tu es

Nos peurs enfantines ont construit notre personnalité d’adulte.

En fait, l’ennéagramme ne définit pas des personnalités mais des types de réponses à des situations. Dans notre enfance, nous nous construisons en voulant à tout prix éviter certaines situations, soit parce qu’elles sont traumatisantes, soit parce qu’elles ne sont pas valorisées par les parents (ce qui peut revenir au même). Ainsi, l’ennéagramme définit neuf situations/émotions que nous fuyons :

- le 8, le petit chef, fuit la faiblesse,
- le 9, le temporisateur, fuit le conflit,
- le 1, le perfectionniste, fuit la colère,

- le 2, l’indispensable, fuit la reconnaissance de ses propres besoins,
- le 3, l’arriviste, fuit l’échec,
- le 4, l’individualiste, fuit la banalité,

- le 5, le cérébral, fuit le vide intérieur,
- le 6, le légaliste, fuit la déviance,
- le 7, le jouisseur, fuit la souffrance,

Face à l’angoisse de vivre, nous avons trois réponses possibles :
- l’hostilité (l’agressivité),
- la soumission,
- le retrait.

Ces trois réponses coïncident avec nos trois centres de l’ennéagramme : l’hostilité correspond à l’instinct, au ventre, (types 8,9,1 en rouge) ; la soumission au relationnel, au cœur, (types 2,3,4 en vert) et le retrait correspond au mental, à la tête (types 5,6,7 en bleu).

Ainsi notre personnalité se construit en grande partie en réponse aux agressions dont nous sommes victimes dans l’enfance.

Ce n’est pas pour rien que j’ai pris comme illustration de cet article des parachutistes sautant dans un endroit inconnu. Lorsque nous naissons, nous atterrissons ainsi dans un milieu qui, en fait, au-delà des sourires de façade et des guili-guili, nous est hostile. Pas méchamment (enfin, si, des fois), mais nous sommes une petite chose fragile qui doit, comme notre parachutisme lâché en pleine brousse, mettre en place des stratégies de survie face aux dangers qui le menacent. Dangers réels ou dangers imaginaires d’ailleurs. Il est toujours possible que l’enfant interprète mal certaines attitudes ou certaines attendes de ses parents. Mais il est aussi très courant que nos parents soient chargés d’un certain nombre de névroses, de déviations, voire de psychoses qui sont autant d’animaux sauvages lâchés contre nous dans la jungle de notre enfance.

Comme nos parachutistes, nous ne savons pas trop sur quoi (sur qui) nous allons tomber. Certes, comme eux, nous sommes équipés d’outils pour répondre aux agressions potentielles. Et pour l’ennéagramme, ces outils sont au nombre de neuf. À nos neuf peurs fondamentales correspondent neuf manières de réagir dans un monde hostile. Les optimistes regretteront l’absence d’une dixième personnalité, celle de l’individu qui n’a pas été agressé dans l’enfance...

L’ennéagramme nous dit qu’au fond les stratégies que nous allons mettre en place dans l’enfance pour éviter certaines situations au mieux désagréables au pire dangereuses, vont nous servir toute notre vie durant pour faire face à tous les dangers du quotidien. Et comme ces dangers, ne nous le cachons pas, viennent le plus souvent des autres, l’ennéagramme décrit aussi des fermetures aux autres : dépendance (centre instinctif), contre-dépendance (centre relationnel), c’est-à-dire conflit ouvert ou larvé, et indépendance (centre mental). L’attaque, la soumission ou la fuite. Nous ne sortons pas de notre trilogie !

Ça se soigne, docteur ?

L’ennéagramme est aussi une clé de notre évolution personnelle, pour nous dégager de cette fermeture aux autres et souvent à la vie, pour nous dégager de cette programmation de l’enfance. En optant pour une des neuf réponses, nous nous privons naturellement des huit autres ouvertures possibles au monde. C’est pourquoi, l’ennéagramme décrit aussi tout un jeu de correspondances, de « ponts », entre les neuf personnalités qui permettent à l’individu de quitter son repaire et d’explorer le monde avec d’autres lunettes...

lien Pour en savoir plus, je vous suggère de consulter le site de l’Institut Français de l’Ennéagramme

L’enfance nous arme pour la vie...

Mais qu’est-ce que nous ont donc fait nos parents ?

- Qu’ont-ils fait à ceux qui sont devenus perfectionnistes (type 1) ?

Je peux en parler car j’appartiens moi-même à ce type. Comme tous les enfants j’ai eu à cœur de répondre aux prescriptions de mes parents. Mais pour eux je n’étais bon à rien. Mon père, quand il m’aidait à comprendre un problème de mathématique et que je n’y parvenais pas me traitait de « crème de nave ». De fait, mes frères et moi étions dispensés de la totalité des tâches à la maison parce que nous étions jugés incapables de les accomplir de façon satisfaisante. Pas question de me laisser faire la cuisine, le ménage, le bricolage, quoi que ce soit. Du coup, le petit enfant que j’étais a beaucoup lutté pour la reconnaissance de ses parents et a jugé qu’il devait être parfait (formation réactionnelle). D’où son perfectionnisme et la quête du zéro défaut. Mon diable est dans les détails !

- Qu’ont-ils fait à ceux qui sont devenus indispensables (type 2) ?

Je vais encore parler de ma famille car mon père était un indispensable. Je ne l’ai jamais entendu exprimer un besoin personnel. En revanche, il volait toujours au secours des autres. Il rendait un nombre incroyable de services. Il n’attendait même pas qu’on lui demande de l’aide, il avait développé une sorte d’instinct de divination de ce qui manquait à l’autre. Professionnellement, ayant travaillé longtemps au ministère des finances, il conseillait son entourage pour leur « optimisation fiscale » comme on dit aujourd’hui. Il se sentait ainsi le devoir de satisfaire les besoins des autres, et ne se sentait pas le droit d’exprimer les siens. Ses parents ne lui ont pas accordé ce droit et ainsi il s’est défendu de ses parents en refoulant ses besoins. Il a pensé qu’il coulerait des jours plus tranquilles (et qu’on l’aimerait plus) s’il aidait les autres plutôt qu’en mettant en avant ses propres attentes.

- Qu’ont-ils fait à ceux qui sont devenus arrivistes (type 3) ?

Enfant, l’arriviste a vite compris que ses parents l’aimaient pour son bulletin scolaire ou ses résultats aux nombreuses compétitions sportives auxquelles ils l’inscrivaient. Mais ils ne l’aimaient pas pour lui-même. Son mécanisme de défense face à cet environnement hostile a été l’identification. Il s’est protégé en se conformant à l’attente de ses parents. Il a voulu les rendre fiers en remportant toutes sortes de championnat de tennis, en étant reçu dans les grandes écoles, en grimpant dans l’échelle sociale, en dévorant ses concurrents, en épousant une femme riche et en vue. Mais il n’a jamais très bien su qui il était vraiment. Il s’est confondu avec ses résultats.

- Qu’ont-ils fait à ceux qui sont devenus individualistes (type 4) ?

Enfant, l’individualiste a vécu une rupture profonde. Ses parents ont divorcé, ou l’un d’eux est mort. Peut-être vivait-il dans une ville ou un pays où il se plaisait et il a dû le quitter, parce que son père a été nommé ailleurs, parce qu’il a trouvé du travail dans une autre ville. Bref, il a été chassé du paradis. On l’a privé de ce qui comptait le plus pour lui. Son mécanisme de défense a alors été l’introjection. Il n’a plus pensé qu’à retrouver cet Eden perdu en ne vivant que des émotions exceptionnelles, en ne vivant que des situations exceptionnelles et en ne fréquentant que des gens exceptionnels.

- Qu’ont-ils fait à ceux qui sont devenus cérébraux (type 5) ?

Deux cas se présentent : soit l’enfant a eu des difficultés de relations avec l’un des deux parents ou les deux, par exemple en cas de décès ou de divorce, soit l’enfant a été victime d’intrusion intempestive dans son intimité. Face à ces situations, l’enfant s’est isolé du monde extérieur, jugé dangereux, inamical. Il a construit une forteresse intérieure dans laquelle il accumule du savoir en permanence. Certains accumulent du poids pour se protéger de leur environnement, le cérébral accumule des connaissances. Chaque information qu’il capte est comme une brique qui lui permet de monter ses remparts. L’enfant a eu le sentiment de ne pas avoir d’endroit où se cacher pour vivre sa vie personnelle, il a donc décidé de se créer un espace intérieur où nul ne pourrait accéder, sauf lui. C’est la raison pour laquelle le cérébral garde pour lui ses connaissances. Il ne les étale pas, ne les communique pas. Il les stocke dans sa citadelle intérieure.

- Qu’ont-ils fait à ceux qui sont devenus légalistes (type 6) ?

Enfant, le légaliste a vécu des situations que les parents ne lui ont jamais expliquées clairement, comme des déménagements, des punitions, de privations. Du coup, il s’est constamment demandé ce qu’il avait bien pu faire pour provoquer ces situations. L’autorité lui est apparue très ambiguë, parfois protectrice, parfois menaçante. Il s’est alors exercé à deviner les intentions cachées de ses parents : pourquoi diable faisaient-ils cela ? Il a mis en place un système de projection pour se protéger des représentants de l’autorité. Ensuite, il est devenu très méfiant et a souvent développé une paranoïa. C’est un adepte de la théorie du complot ! Ne parvenant pas à déterminer exactement en quoi ses comportements avaient des conséquences désagréables pour lui, il s’est donné comme conduite de toujours respecter les règles et les lois. Ainsi, on ne pouvait rien lui reprocher !

- Qu’ont-ils fait à ceux qui sont devenus des jouisseurs (type 7) ?

Enfant, le jouisseur s’est protégé de sa peur de la souffrance en se réfugiant dans l’imaginaire. Il n’a pas eu nécessairement une enfance malheureuse, mais il s’est employé à toujours déterminer, pour chaque situation, si elle avait été plaisante ou déplaisante et il s’est ensuite efforcé de ne vivre que des situations agréables. Et l’une des clés de cette recherche est de multiplier les situations nouvelles. D’où l’importance de l’imaginaire et des « tests » à répétition.


- Qu’ont-ils fait à ceux qui sont devenus des petits chefs (type 8) ?

Enfant, le futur petit chef a été victime d’un excès d’autorité dont il s’est protégé en se construisant une carapace. Pas de sentiment ! De la force, de l’autorité ! Ne jamais laisser transparaître la moindre faiblesse. C’est un déni de la réalité : même pas mal ! Rien ne l’affecte, ou semble l’affecter. À l’agressivité extérieure, il répond par une agressivité encore plus grande. Il est fort, et se sent l’obligation de protéger les plus faibles. Et comme son comportement lui permet effectivement de parvenir à ses fins, il n’en change pas...

- Qu’ont-ils fait à ceux qui sont devenus des temporisateurs (type 9) ?

Enfant, le futur temporisateur n’a pas été écouté ; ses désirs, ses sentiments, n’ont pas été pris en compte. Ses parents ne l’aimaient pas ou avaient d’autres chats à fouetter que de porter leur attention sur lui. Son système de défense face à cette situation de négation de soi a été le clivage, c’est-à-dire qu’il a pris l’habitude scinder en deux chaque chose, en déterminant le positif et le négatif qu’elle présente. Ce fut pour lui une manière de se dire qu’au fond, ses attentes n’avaient pas tant d’importance. Leur réalisation lui aurait sans doute apporté quelque chose de sympathique mais aussi quelque chose de désagréable, donc, après tout, si on ne l’a pas écouté, ce n’est pas grave... Plus tard, le temporisateur aura bien du mal à passer à l’action car il trouvera autant de raison de faire que de ne pas faire ceci ou cela. Il sera toujours difficile pour lui de prendre une décision. Et bien malin sera celui ou celle qui devinera ce qu’il veut vraiment ! Il ne le sait d’ailleurs pas lui-même, tellement ses parents n’ont jamais pris en compte ce qu’il ressentait...

Sales parents ?

Ainsi, notre personnalité serait fonction de la façon dont nous nous sommes protégés des peurs de notre enfance, et bien évidemment, dans notre enfance, notre monde est largement dominé par nos parents. Alors oui, quelque chose a cloché dans nos premières années, et nous avons cherché une solution pour survivre, comme nos parachutistes largués en milieu hostile. Mais la façon dont nous avons réagi, en adoptant telle ou telle stratégie dépend beaucoup de nous-mêmes. Certains ont choisi l’agressivité, d’autres la soumission, d’autres encore le retrait. Instinct, relationnel, mental. Nos prédispositions naturelles nous ont guidé vers le choix de notre réponse.

Alors, sales parents ?

C’est plus compliqué ! Chaque personnalité de l’ennéagramme présente des aspects négatifs, mais elle peut aussi produire du positif. Le jouisseur est un joyeux compagnon, le perfectionniste est d’une fiabilité à toute épreuve, le petit chef est solide, etc. Bref, en nous poussant à nous protéger des peurs qu’ils nous inspiraient nos parents nous ont aussi permis de développer les qualités qui nous rendent si sympathiques aux yeux de notre entourage et si utiles aux yeux de la société... [1] fin

Les aspects négatifs de notre personnalité ont leur pendant positif qui attire les autres...

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Notes

[1] Je vous conseille la lecture du livre de Pascal IDE « Les neuf portes de l’âme - L’ennéagramme » (Editions du Jubilé) qui approfondit la relation entre les 9 types de personnalités et d’autres typologies, comme celle des personnalités difficiles de la nomenclature psychiatrique DSM IV.

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PUBLIÉ LE : 15 février 2015 | MIS À JOUR LE : 5 juin 2015
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