Science
28
12
2022

Comment est mesurée l’efficacité des vaccins anti-covid ?

Retour sur la fabrication des chiffres de la vaccination anti-covid
TAGS : Atmosphère | Comètes | Médecine | Mondialisation | Mort | Respiration | Télévision | Vaccin | Virus
Publié le : 28 décembre 2022 - Modifié le : 3 janvier 2023

Quand les vaccins ont fait leur apparition dans la lutte contre l’épidémie de la covid-19 en 2020, les médias ont commencé à relayer les informations données par le gouvernement ou le corps médical. On a ainsi entendu dire que tel vaccin était efficace à 95%, ou qu’avec le temps, la protection baissait à 60% voire 50% mais qu’avec un rappel, elle remontait à 95%. Je me suis alors demandé à quoi correspondaient ces chiffres. Voici le résultat étonnant de ma recherche…

Revenons un instant en arrière. À la fin de l’année 2019, un nouveau virus apparaît en Chine, dans la ville de Wuhan. C’est un virus, un coronavirus (un virus en forme de couronne), provoquant un syndrome respiratoire aigu sévère, un SRAS en français, assez semblable à celui de 2003. Il sera baptisé Sars-cov2 ou plus simplement « covid-19 » [1]. Les instances internationales tardent à prendre la mesure du problème [2]. Le monde étant gouverné par le commerce, et la Chine fabriquant la plupart de nos produits, couper ce pays du reste du monde paraît un non-sens. Le virus se répand alors comme une traînée de poudre dans le monde entier.

L’origine du virus

Sur l’origine du virus, deux hypothèses s’affrontent, et le sujet est naturellement hautement sensible. Pour certains, le virus aurait une origine animale, c’est le transfert zoonotique, donc une « zoonose naturelle ». Sur les marchés chinois de Wuhan, la ville où l’épidémie a commencé, on vend en effet beaucoup d’animaux sauvages [3]. Selon cette hypothèse, le virus serait passé de l’animal à l’homme directement ou en utilisant un animal intermédiaire [4].

Pour d’autres en fait le virus se serait échappé d’un des laboratoires de Wuhan. La ville accueille en effet des laboratoires de biochimie dont le dernier a d’ailleurs été conçu par des techniciens français. C’est un laboratoire de type P4, c’est-à-dire de haute sécurité. Mais il existe dans la ville des laboratoires moins sécurisés, de type P3 ou P2, et le virus serait parti d’un de ces laboratoires, jeté à la poubelle, ou attrapé par un employé « immunodéprimé » qui aurait ensuite contaminé ses proches. Cette hypothèse, naturellement très explosive, n’a pas pu être confirmée. L’OMS a envoyé une délégation dans les laboratoires de Wuhan mais les Chinois ne lui ont pas vraiment permis de mener son enquête en profondeur.

Le laboratoire de Wuhan en Chine.

Mais comment le virus serait-il arrivé dans ce laboratoire de Wuhan ? Deux hypothèses : soit il était étudié sur des animaux qui en étaient porteurs, soit il s’agit du mystérieux virus, proche du SARS-Cov2, qui a été détecté dans une mine de Chine en 2012 et qui a tué de nombreux ouvriers. Mais les autorités chinoises ont toujours refusé de communiquer sur ces cas [5].

Le virus de la covid est-il d’origine extraterrestre ?

La question est sérieuse ! En effet, selon certaines hypothèses, la vie même aurait été apportée, en même temps que l’eau de notre planète, par des comètes glacées. Il est donc tout à fait possible que les virus arrivent eux aussi sur Terre par la même voie des airs [6].

Mais pourquoi toujours en Chine ?

La chaîne de l’Himalaya avec le mont Everest.

Est-ce dû à cette habitude des Chinois de côtoyer des animaux dans les marchés, ou y a-t-il une autre explication ? J’ai lu à ce sujet une théorie assez étonnante. Les virus venant du cosmos entreraient dans notre atmosphère et circuleraient au-dessus de nos têtes. Puis ils descendraient progressivement vers le sol et seraient arrêtés en passant près de la plus haute montagne terrestre, l’Himalaya. Enfin, compte tenu de la circulation des vents, ils tomberaient ensuite sur la Chine. Les premiers infectés seraient naturellement les oiseaux (grippe aviaire, chauve-souris) qui contamineraient ensuite des animaux terrestres, dont l’homme.

Cette théorie vaut ce qu’elle vaut, mais elle est assez pittoresque et explique beaucoup de choses. En tout cas, dans un article de la revue Nature, publié en juin 2022, des scientifiques font état de leur découverte dans les glaciers du Tibet de 33 nouveaux virus, dont 28 totalement inconnus sur Terre [7]. Cela montre que la Chine est vraiment le pays du soleil levant… et du virus.

Quelle que soit son origine, le virus de la covid-19, en ce début d’année 2020, se répand dans tous les pays très rapidement. Il faut dire que la mondialisation multiplie les échanges, les voyages en avion, et donc la transmission de la maladie d’un pays à l’autre.

Mais à quoi servent les virus ?

Tout à coup, le monde entier se passionne pour ce bel inconnu. Nous avons la chance d’avoir en France le spécialiste mondial du virus, le Pr Didier Raoult. C’est une sommité, une référence dans son domaine. Hélas, l’épidémie va lui être fatale. Il ne va pas en mourir, mais sa réputation va en prendre un coup.

Le virus est en fait une créature bien étrange. Il fait partie des organismes microscopiques qui nous environnent : comme les microbes, les bactéries. Les scientifiques sont partagés sur son statut exact. Ce n’est pas vraiment un organisme vivant, car il ne peut se reproduire tout seul. Pour se multiplier, il est obligé d’infecter une autre cellule vivante. Seul, sans « hôte » pour l’accueillir, il « meurt » très vite — en supposant qu’il était vivant avant… Personne ne sait d’ailleurs vraiment à quoi servent les virus, sinon à nous gâcher la vie. Les virus provoquent en général des catastrophes sanitaires : la grippe, le VIH/SIDA, la varicelle, l’hépatite virale, Ebola, la poliomyélite, etc. Autant il existe des « bonnes » bactéries et des « mauvaises » bactéries (pathogènes), autant on ne connaît pas de « bon » virus. Le virus serait une sorte d’incarnation du Mal, notre seul véritable ennemi sur Terre. D’ailleurs, aucune des maladies provoquées par un virus n’a été éradiquée, hormis la polio. Il faudra donc s’habituer à vivre avec la covid-19.

T’as le masque coco

Face à l’épidémie de coronavirus, l’humanité se trouve désemparée au début. Les deux seules parades sont le confinement et le port du masque. Il s’agit de gagner du temps en attendant la mise au point d’un vaccin et donc de limiter la transmission. En France, malheureusement, on a laissé le stock de masques se périmer en se disant que s’il y a un problème, on en commandera en Chine le moment venu. Las ! La Chine est à l’arrêt et ne produit plus de masques… Alors, on se confine. Chacun chez soi.

Peu à peu le monde s’organise et les masques commencent enfin à arriver en France. On découvre alors un monde qu’on ignorait totalement avant, contrairement aux Asiatiques qui, depuis longtemps, ont l’habitude, quand ils sont malades, de porter un masque pour protéger les autres.

C’est alors que se met en place ce que j’appellerai une « communication individualo-collective » qui s’adresse à l’individu mais concerne en fait le corps collectif. On verra à propos du vaccin l’importance de cette distinction. Donc les pouvoirs publics nous disent : « Portez un masque pour vous protéger ». Le « vous » qui est utilisé ici ne concerne pas chaque individu mais la collectivité. En effet, le masque le plus courant, le masque dit « chirurgical », ne protège vraiment que dans un sens, c’est-à-dire de soi vers l’extérieur. Il ne fait que partiellement barrière dans l’autre sens et ne protège donc pas des virus éjectés par les autres et en suspension dans l’air. La protection n’est pas à double sens. Mais ce n’est pas grave, se disent les pouvoirs publics, car si tout le monde porte un masque, tout le monde est protégé. D’où le message collectif « Portez un masque pour vous protéger », sous-entendu : « Portez TOUS un masque pour vous protéger MUTUELLEMENT ». On fait comme si on s’adressait à chaque individu personnellement, mais en fait l’injonction n’a de sens que si elle est appliquée par tout le monde. Porter un masque ne protège pas vraiment du virus si on est le seul à en porter un.

Il y a masque et masque

À gauche le masque dit « chirurgical », le plus répandu mais qui ne protège vraiment que dans un sens (du sujet vers l’extérieur). À droite le masque dit « FFP2 » qui protège dans les deux sens (du sujet vers l’extérieur et de l’extérieur vers le sujet).

Après une période où chacun s’est bricolé un masque en tissu avec le concours de la cousine ou de la grand-mère fines couturières — un masque qui n’offrait qu’une protection limitée ! — les masques dit « chirurgicaux » sont apparus sur le marché, d’abord au compte-gouttes, puis en masse, quand la Chine a pu en fabriquer de nouveau.

Tout de suite ont circulé les petits schémas qui montraient très bien les propriétés des différents masques existants : le masque en tissu (souvent très joli), le masque dit « chirurgical » d’un joli bleu hôpital et le masque dit « FFP2 » utilisé par le personnel médical car il présente une protection dans les deux sens : il filtre les virus éjectés par celui qui le porte (comme le masque « chirurgical ») mais en plus, il offre une bonne barrière aux aérons en suspension dans l’air. L’ennui est qu’il vous fait un peu ressembler à un canard. Mais à la guerre comme à la guerre. Le masque « chirurgical » est composé de trois couches de tissus filtrants, le masque « FFP2 » en a cinq.

Le masque « chirurgical » est donc une excellente protection si tout le monde en porte un, comme c’est encore le cas aujourd’hui dans les centres médicaux. Mais si, par précaution, vous décidez de porter un masque dans un lieu très fréquenté où le masque n’est pas obligatoire, comme dans un magasin ou dans les transports en commun, le masque « chirurgical » n’est pas une bonne solution. Le masque « FFP2 » est beaucoup plus adapté. Certains spécialistes suggèrent, compte tenu du prix plus élevé du masque « FFP2 » de porter deux masques « chirurgicaux » l’un sur l’autre.

Et le vaccin est arrivé…

… et on allait voir ce qu’on allait voir !

Jamais un vaccin n’a été mis au point aussi rapidement. Il faut généralement des années avant de commercialiser un vaccin, car les tests sont très nombreux. Et il y a même des maladies pour lesquelles aucun vaccin n’a encore été trouvé, comme le VIH/SIDA.

Le principe de la vaccination a été découvert par un médecin anglais, Edward Jenner, en 1796. À l’époque, la variole faisait des ravages. Or ce médecin avait observé que les femmes qui trayaient les vaches n’en étaient pas atteintes. Bizarre. En fait, elles contractaient la vaccine, une maladie véhiculée par les vaches qui était proche de la variole mais très atténuée. Il eut donc l’idée géniale (et audacieuse) d’inoculer la vaccine à des sujets sains pour les protéger de la variole [8]. Ainsi naquit le principe de la vaccination : inoculer une forme atténuée de la maladie pour stimuler le système immunitaire humain. Quelques années plus tard, le savant français Louis Pasteur alla plus loin en découvrant des méthodes pour atténuer la virulence des agents infectieux (le plus souvent en les exposant à l’air un certain temps). Il mit ainsi au point en 1880 le vaccin contre la rage.

Mais il existait depuis quelques années une autre méthode de vaccination en cours d’expérimentation, l’ARN messager. Pour se reproduire, le virus cherche à entrer dans une cellule de son « hôte » (nous). Pour ce faire, il utilise une protéine S (S pour Spike). Le principe de ce nouveau type de vaccin est d’inoculer la protéine du virus pour que les défenses immunitaires la reconnaissent ensuite quand le virus infectera l’individu. On ne lui inocule par le virus, même atténué, comme dans le vaccin traditionnel. L’avantage est que la protéine est sans danger, elle est juste une « clef » qui permet au virus d’entrer dans la cellule. Le vaccin ARN messager « informe » le système immunitaire de la façon dont le virus va tenter, lorsqu’il se présentera, d’infecter l’organisme. Et grâce à cette information — ce « message —, l’organisme est prêt à l’attaque.

Techniquement, il est plus rapide de produire ce type de vaccin, qu’un vaccin contenant une forme atténuée du virus. Alors que tous les tests ne sont pas encore aboutis et que la phase expérimentale n’est pas terminée, la Commission Européenne, en décembre 2020, face à l’urgence de la situation, autorise la mise sur le marché conditionnelle du vaccin du laboratoire Pfizer/BioNTech, appelé « Comirnaty », à peine quelques mois après le début de sa mise au point. Un record ! Certes, les laboratoires travaillaient depuis des dizaines d’années sur ce nouveau type de vaccin, mais quand même...

La mise sur le marché est « conditionnelle » car le vaccin est encore en phase expérimentale. La Commission Européenne précise en effet :

Une autorisation de mise sur le marché conditionnelle est l’un des mécanismes réglementaires de l’UE pour faciliter l’accès précoce aux médicaments qui répondent à un besoin médical non satisfait, y compris dans des situations d’urgence telles que la pandémie actuelle.

Une autorisation de mise sur le marché conditionnelle est une autorisation formelle du vaccin, couvrant tous les lots produits pour l’UE et fournissant une évaluation solide pour étayer les campagnes de vaccination.

Comme Comirnaty est recommandé pour une AMM conditionnelle, la société qui commercialise Comirnaty continuera à fournir les résultats de l’essai principal, qui dure 2 ans. Cet essai et des études supplémentaires fourniront des informations sur la durée de la protection, la capacité du vaccin à prévenir les cas graves de COVID-19, sa capacité à protéger les personnes immunodéprimées, les enfants et les femmes enceintes, et s’il prévient les cas asymptomatiques.

La société mènera également des études pour fournir une assurance supplémentaire sur la qualité pharmaceutique du vaccin alors que la fabrication continue d’être mise à l’échelle [9].

Cette qualification de « conditionnelle » a créé une polémique, la Commission étant accusée de mettre sur le marché un produit « en phase expérimentale ». En fait, il l’était vraiment, mais l’expérimentation était suffisamment avancée, et l’urgence de la situation suffisamment grande, pour délivrer cette autorisation sans prendre trop de risques. D’autant que la technique particulière de ce vaccin n’inoculait pas le virus lui-même, mais juste une information sur la protéine permettant au virus d’entrer dans la cellule humaine. Rien de grave ne pouvait arriver…

De grands espoirs ont été mis dans ce nouveau type de vaccins mais on sait aujourd’hui que la mariée était un peu trop belle… Le vaccin ARN messager a un peu déçu, c’est le moins que l’on puisse dire. Non seulement sa protection a décru assez vite [10], obligeant les individus à subir des doses de rappel à répétition… jusqu’à l’overdose ! Et alors qu’on pensait que le vaccin allait freiner la transmission de la maladie, il n’en a rien été. Même les individus vaccinés pouvaient être porteurs de la maladie (sans la développer) et la transmettre à d’autres. De ce fait, l’épidémie a continué de progresser, poussant les autorités à stigmatiser maladroitement les « non-vaccinés » [11] pour préserver la réputation du vaccin et ne pas compromettre les campagnes de vaccination. De fait, le fameux slogan « Tous vaccinés, tous protégés. » n’était qu’un rêve. La vaccination s’est avérée incapable de freiner l’épidémie.

Pourtant, oui, au départ, la mariée était vraiment très belle. Le laboratoire phare dans le domaine de ce nouveau type de vaccin, le laboratoire Pfizer [12], annonçait des taux d’efficacité mirobolants et tous les spécialistes faisaient le tour des plateaux de télévision pour vanter les mérites de cette révolution technologique. Mais comment était calculée cette efficacité ?

Efficace à 60%, à 70%, à 90%.
Qui dit mieux ?

On a souvent entendu dire sur les plateaux de télévision : « Avec 2 doses de vaccin, vous n’êtes plus protégé qu’à 40%, mais avec la 3e dose, votre protection remonte à 95% ». Que représentent exactement ces chiffres d’efficacité des vaccins ? J’ai donc plongé mes mains dans le cambouis pour en savoir plus.

En fait, ces chiffres n’ont pas de valeur au niveau individuel. Ils ne veulent pas dire que vous, Madame X ou Monsieur Y, êtes protégé à 95%. La maladie, on l’attrape ou on l’attrape pas. Ils ne veulent pas dire non plus que sur 100 vaccinés, 5 ne sont pas protégés de fait et seuls 95 sont protégés, non. En fait, ces chiffres, comme pour le masque, relèvent de la « communication individualo-collective ». On vous dit « Vous êtes protégé à 95% par le vaccin », mais en fait, ce n’est pas vous personnellement, qui êtes protégé à ce niveau, c’est le corps social des vaccinés par rapport aux non-vaccinés. Nuance.

Ce taux d’efficacité est en effet calculé ainsi :

On calcule la proportion de malades vaccinés par rapport au nombre total de vaccinés. Puis on calcule la proportion de malades non vaccinés par rapport au nombre de total de non vaccinés. Et on obtient le taux d’efficacité en divisant une proportion par l’autre.

Exemple :

Soit 100 personnes non vaccinées et 100 personnes vaccinées. Admettons qu’une personne vaccinée tombe malade et que deux personnes non vaccinées tombent malades. Donc, on a eu deux fois moins de personnes malades chez les vaccinés que chez les non vaccinés. On dit alors que le vaccin a un taux d’efficacité de 50%. Ce taux est un taux collectif, dit relatif, qu’on utilise tout le temps, au gouvernement et sur les plateaux de télévision. Mais sur le plan individuel, ce n’est pas la même chose. Pour savoir si vraiment cela vaut la peine de se faire vacciner par rapport aux risques d’effets secondaires, par exemple, il vaut mieux analyser le taux d’efficacité absolu. C’est-à-dire le risque de tomber malade quand on est vacciné ou quand on ne l’est pas. C’est ce chiffre-là qui, individuellement, nous intéresse pour nous motiver. Mais comme il est moins sexy, on le met rarement en avant.

Ainsi, Pfizer en novembre 2020, au moment du lancement de son vaccin, rapporte que 28 jours après l’administration de la première dose, sur 18.325 vaccinés et 18.198 non-vaccinés (ayant reçu un placebo) il y a eu 170 cas confirmés de covid-19 ; 162 dans le groupe placebo, 8 dans le groupe vacciné. Cela donne donc 95% d’efficacité :

- proportion de malades parmi les vaccinés = 8/18.198 = 0,000439...

- proportion de malades parmi les non vaccinés = 162/18.325 = 0,008840...

- le rapport d’efficacité est de 0,000439.../0,008840... = 0,049727... arrondi à 0,05, soit 5% ce qui correspond à une efficacité de 95% (1 - rapport d’efficacité).

Et donc Pfizer dit que son vaccin a une efficacité de 95%.

Une personne non vaccinée a ainsi 20 fois plus de risques (162/8) d’être malade qu’une personne vaccinée. C’est une donnée calculée au plan collectif, mais sur les plateaux de télévision on va nous dire « Vous êtes protégé à 95% ». Ce qui, sur le plan individuel n’a aucun sens.

Car si on calcule le taux de contamination (c’est-à-dire le pourcentage de gens qui tombent malades dans chaque groupe), ce qui nous intéresse à titre individuel, on obtient les chiffres suivants (toujours en reprenant les chiffres Pfizer de novembre 2020) :

- taux de contamination des vaccinés : 0,04% (100 x (8/18.198))

- taux de contamination des non vaccinés : 0,9% (100 x (162/18.325))

Rappelons en effet que sur 18.325 non-vaccinés, 162 sont tombés malades, et sur 18.198 vaccinés, 8 sont tombés malades. Ce qui donne un taux d’efficacité absolu du vaccin de 0,84% (0,9 - 0,04)

Cela signifie que dans l’essai mené par Pfizer à l’automne 2020, 99,1% des non-vaccinés N’ONT PAS EU la covid-19 contre 99,96% des vaccinés. La différence n’était pas énorme et c’est pourtant là-dessus qu’on a lancé une vaste opération de vaccination.

On nous a présenté — et on nous présente encore — les chiffres d’efficacité du vaccin comme une protection individuelle, mais ce n’est pas du tout le cas, c’est une donnée médicale de santé publique valable pour la population entière. Elle est donc relative. On compare la proportion de malades dans chaque groupe (non vaccinés et vaccinés) et on en déduit l’efficacité relative du vaccin pour la population, pas pour vous personnellement !

Mais qu’en est-il aujourd’hui de ce taux de contamination des vaccinés et des non-vaccinés ? L’information est très difficile à trouver et on avance toujours les décès, les réanimations et les hospitalisations. Mais les autres ? Les malades à domicile ? Combien sont-ils ?

En fait on ignore qui attrape vraiment la covid, car les malades ne se signalent plus. La covid-19 est aujourd’hui devenue comme un rhume. La plupart des cas passent sous les radars. On ne peut donc calculer un taux réel d’efficacité. Les responsables et les médias se basent sur les chiffres donnés par les laboratoires en fonction de leurs tests. On n’a donc aucune idée de l’efficacité réelle des vaccins. Mais on peut quand même, pour être au plus près de la réalité, se référer au moins aux résultats des tests.

Une statistique de la fin 2021 établie par la DREES, organisme de statistique de l’Etat [13], révèle qu’au plus fort de l’épidémie, entre le 8 novembre et le 5 décembre 2021, il y a donc à peine un an, 4 312 556 personnes se sont fait tester. 392 073 se sont avérées positives et parmi ces « positifs » 204 172 ont développé des symptômes.

Ce qui est intéressant c’est la répartition des résultats entre vaccinés et non-vaccinés. Pour simplifier, je n’ai fait que deux groupes mais la décomposition des vaccinés figure dans les images jointes.

Le résultat est que bizarrement, ce sont les vaccinés qui se font le plus tester : 87% pour 13% de non-vaccinés. Certes, pour eux les tests étaient gratuits à l’époque, mais est-ce la seule raison ?

Autre surprise, sur les 392 073 cas qui se sont avérés « positifs », 77% sont vaccinés et 23% non-vaccinés. Et plus étonnant encore, sur les 204 172 personnes qui étaient vraiment malades, c’est-à-dire présentant des symptômes, 75% (153 129) étaient vaccinées et 25% (51 043) non vaccinées.

Ces simples chiffres suffisaient à montrer que ce n’étaient pas les seuls non-vaccinés qui propageaient la maladie, non ! Et si, contrairement à ce que 42% des Français pensaient à l’époque, tout le monde avait été vacciné l’épidémie ne se serait pas pour autant arrêtée.

Mais revenons à nos statistiques de la fin 2021.

Là où toutes les données changent, c’est sur les hospitalisations (13 492 cas), les soins critiques (3 690 cas) et les décès (1 731 cas) toujours pour la période du 8/11 au 5/12, soit au total 18 913 cas, ce qui représente 9,6% des cas positifs avec symptômes. Et là, effectivement, la proportion de non-vaccinés par rapport aux vaccinés augmente. Mais pas tant que cela hélas !

Respectivement : 42%/58% pour les hospitalisations, 52%/48% pour les soins critiques et 38%/62% pour les décès. On voit que les vaccinés restent les plus nombreux. Comme ces chiffres risquaient de décrédibiliser la vaccination, les pouvoirs publics ne les ont pas publiés tels quels, mais ils les ont ramenés à la proportion respective des vaccinés et des non-vaccinés. Etant donné que les vaccinés étaient beaucoup plus nombreux que les non-vaccinés, le nombre de malades chez les vaccinés risquait d’apparaître beaucoup plus élevé que celui des malades non-vaccinés avec l’idée que le vaccin n’était pas efficace. D’où la décision de ramener les nombres de malades aux proportions de vaccinés et de non-vaccinés dans la population.

Effectivement, on a plus de risque de finir à l’hôpital quand on est non-vacciné que quand on est vacciné. Mais cela ne dit rien de l’efficacité du vaccin INDIVIDUELLEMENT, ça veut juste dire qu’il y a plus de vaccinés que de non-vaccinés. Car INDIVIDUELLEMENT, il y a eu 528 décès de non-vaccinés sur 51 043 « positifs avec symptômes », soit un taux de décès de 10,34%. Il y a eu 862 décès de vaccinés sur 153 129 « positifs avec symptômes », soit 5,62%. Donc, on avait deux fois plus de risque de mourir quand on n’était pas vacciné que quand on l’était.

Pour justifier la vaccination, on continue de présenter aujourd’hui comme des données individuelles « VOUS êtes protégé à 95% », « VOTRE immunité passe de 40 à 95% avec la 3e dose » etc., des chiffres qui sont en fait des données relatives ramenées à la proportion des groupes observés (vaccinés et non-vaccinés). Ce ne sont pas des chiffres tirés de la réalité, puisque le nombre de tests a chuté, mais les chiffres des laboratoires. Les chiffres bruts, absolus, réels, qui nous permettraient à nous, individus, de mesurer le risque que nous prenons en faisant tel ou tel choix, sont occultés et il a fallu que j’aille dans les tréfonds d’Internet pour les trouver !

Des chiffres de la DREES, on peut estimer le taux d’efficacité relatif des vaccins à 67%. Puisque nous avons 25% de malades chez les testés non vaccinés, et 75% chez les vaccinés. Donc ça nous donne : 0,25/0,75 = 0,33. Et 1-33% = 67%. C’est bien sûr très grossier mais cela donne une idée.

Conclusion

Taux d’incidence national au 24 décembre 2022 (nombre de cas par semaine pour 100 000 habitants). L’épidémie semble désormais aller et venir sans que les campagnes de vaccination y soient pour grand-chose.

Aujourd’hui, le nombre de personnes se faisant tester en-dehors des cas obligatoires n’est plus significatif. De sorte qu’il est bien difficile de juger de l’efficacité réelle des vaccins. Les pouvoirs publics ne peuvent que se fier aux laboratoires qui suivent précisément des populations testées. Mais il n’y a pas de raison de douter des chiffres fournis par les laboratoires — sauf à douter de tout. En revanche, la présentation qu’on nous fait de ces taux d’efficacité est vraiment trompeuse. Elle est un indice de santé publique, mais elle ne permet pas de faire un choix individuel.

Heureusement, aujourd’hui, les individus ne se fient plus à ces données officielles mais observent leur entourage. C’est en voyant le nombre de leurs amis vaccinés, le nombre qui sont tombés malades, le nombre qui ont eu des effets secondaires, le nombre de leurs amis non-vaccinés qui ne sont jamais tombés malades, l’âge des personnes qui ont attrapé la covid, le degré de sévérité qu’a présenté leur maladie, etc. — c’est en analysant toutes ces données que les individus se forgent leur opinion et prennent leur décision, sans trop tenir compte des statistiques officielles…

Reste une question qui me taraude. Les médecins des plateaux télévisés reconnaissent aujourd’hui que le vaccin n’est pas la panacée espérée mais tous déclarent avec une belle assurance que son efficacité contre les formes graves est indéniable. J’ai eu beau chercher, je n’ai pas trouvé de statistique étayant cette affirmation et d’ailleurs une telle statistique peut-elle exister ? En effet, comment savoir si quelqu’un aurait développé une forme grave et n’a eu qu’une forme « légère » grâce au vaccin ? Comment savoir si la baisse des cas graves est due au vaccin ou à la moindre dangerosité du virus ? Mystère et boule de gomme. fin

Cet article vous a plu ? Partagez-le sur Facebook

Notes

[1Le masculin de Syndrome respiratoire aigu sévère va contaminer l’appellation covid-19 et on aura tendance à parler DU covid alors que les autorités médicales parlent de LA covid, comme on parle de LA grippe.

[2Voir le documentaire d’Arte « Covid : 100 jours pour éviter la pandémie » : https://www.youtube.com/watch?v=qvrNPIZdfNQ&ab_channel=ARTE (disponible jusqu’en avril 2023).

[8Il inocula en fait du pus prélevé dans les pustules de femmes trayeuses atteintes de la vaccine.

[10On pensait que le vaccin procurerait une immunité d’un an, et il s’est avéré que la protection faiblissait au bout de six mois.

[11C’est le fameux « J’ai envie d’emmerder les non-vaccinés » du président de la République

[12Son vaccin ARNm a été en fait mis au point par un petit laboratoire allemand BioNTech.

Commentaires

N'hésitez pas à laisser votre commentaire !

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

PUBLIÉ LE : 28 décembre 2022 | MIS À JOUR LE : 3 janvier 2023
Article précédent

Conscience, où te caches-tu ?

D’instinct, nous considérons que notre conscience et notre cerveau se confondent, celui-ci donnant naissance à celle-là… Et pourtant, des voix s’élèvent, de plus en plus nombreuses, pour avancer l’hypothèse que la conscience serait en fait à l’extérieur du cerveau. Pourquoi joue-t-elle ainsi à cache-cache avec nous ?

Lire
Les domaines

Spiritualité

La spiritualité d’aujourd’hui est éclatée en une multitude de croyances et de pratiques, au point que les individus se réfugient de plus en plus dans le culte de leur ego, seul dieu crédible à leurs yeux.

Science

Depuis qu’ils ont découvert que l’atome n’expliquait que 10% de la matière, les scientifiques développent toutes sortes d’hypothèses qui, au lieu d’expliquer le monde, le rendent plus inintelligible.

Psychologie

Si le divin ne nous apparaît plus quand on regarde vers le ciel, peut-être est-il en nous, dans les méandres secrets de notre inconscient, là où le phénomène le plus mystérieux de la nature, l’esprit, prend sa source.

Histoire

Plus la recherche avance, plus les mystères de notre origine et de notre lointain passé s’épaississent. Nos certitudes sur les premiers hommes, sur les cultes anciens, sur les premières civilisations font place à des interrogations profondes et sans réponse.

Société

Depuis l’apparition d’Internet et des réseaux sociaux, la société connaît de profonds bouleversements qui touchent notre perception du monde et nos relations aux autres tandis que la domination de l’économie nous réduit à de simples consommateurs.

Sport

Le sport n’a jamais occupé autant de place dans nos vies qu’à l’époque moderne. Il exprime tout à la fois le besoin de performance, de cohésion sociale et une quête de santé dans un monde en proie à la malbouffe et la pollution.

Retour en haut